Ecole Paul-Fort de Verrières-le-Buisson (Essonne)
Ecole Paul-Fort de Verrières-le-Buisson (Essonne)
Découvrez l'école Paul-Fort d'aujourd'hui et d'hier...

Sur cette page, vous pourrez lire trois documents exceptionnels :

A. Le portrait d'un élève d'aujourd'hui à l'école Paul-Fort.
B. Une interview présentant l'école telle qu'elle était dans les années 40 (du XXe siècle).
C. Une histoire de la ville de Verrières-le-Buisson écrite et illustrée par des jeunes filles de 11 et 12 ans en 1941. Ce document est émouvant : il témoigne du travail d'écriture, d'illustration et de recherche qui était demandé à des élèves à cette époque là.



A. L'école Paul-Fort d'aujourd'hui :
Le portrait de ROMAIN en novembre 2007


Le portrait a été rédigé par Anatole, Abigaël, Luc, Laura et Romain d'après le livre : "Ma super école" - Editeur : Gallimard Jeunesse - UNICEF

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Romain à l'école Paul-Fort
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B. L'école Paul-Fort d'hier :
L'interview : l'école Paul-Fort dans les années 40


Le 22 mars 2004, les élèves de CM2 avaient invité Monsieur Lacroutz, un ancien instituteur de l'école Paul-Fort, Monsieur Bernard Mantienne, Sénateur-Maire et Monsieur Jean-Marie Jacquemin, tous deux anciens élèves de l'école. Il s'agissait d'évoquer avec des témoins directs la mémoire de cette école.

1. Depuis quand notre école s' appelle-t-elle l'école Paul Fort ? Pourquoi ? (Clémence et Jeannette)

M. Jacquemin : C'est en souvenir de Paul Fort qui venait souvent dans la maison Bourrelier.

M. Le Sénateur-Maire: Elle s'appelle Paul-Fort depuis le jour où il y a eu un autre groupe scolaire. Il y avait plusieurs écoles et il a donc fallu donner leur donner un nom. A ce moment là, on a proposé de donner le nom de Paul Fort qui était un poète connu qui venait souvent dans la propriété Bourrelier qui est à côté. Cela date du milieu des années 50. On a donné le nom de Paul-Fort ici et David-Régnier à l'autre école.

2. Qu'est-ce qu'une leçon de morale ? Pourriez-vous nous en donner un exemple ? (Fabien et Axel B.)

M. Jacquemin : Je vais vous sortir un cahier de l'époque de mes dix ans. Chaque matin, nous arrivions en classe, on se mettait debout devant notre place, on attendait que le maître nous dise de s'asseoir, on s'asseyait, on sortait ce qu'il fallait pour écrire, notre ardoise, le porte-plume et le buvard. Ce buvard avait une grande importance : on trempait le porte-plume dans l'encrier mais souvent entre l'encrier et le cahier, il y avait la tache qui arrivait sur le cahier. Donc on commençait la journée par l'écriture qui reprenait bien souvent la morale. Je prends l' exemple du 27 avril 1947 : " La propriété est un droit et priver quelqu'un de ce qu'il lui appartient c'est manquer au devoir de justice. Tu ne déroberas pas. " A partir de là, on avait une note ou une appréciation d'écriture et en même temps, on développait le sujet de ne pas voler, de respecter la propriété d'autrui.

M. Lacroutz : C'était toujours à partir de quelque chose qui s'était passé dans l'école. On commençait par expliquer ce que la morale signifiait et puis après les élèves prenaient des exemples.

M. Jacquemin : Un autre exemple de leçon de morale: " Les hommes naissent et demeurent libres en droits." Sans la liberté, la vie perd tout son prix. L'homme n'est plus un homme. C'est un instrument. " Ainsi la morale indiquait ce que l'on devait faire et ce que l'on ne devait pas faire. C'étaient les droits et les devoirs de chacun. Ce cours de morale durait une demi-heure et après on continuait les autres cours.

M. Le Sénateur-Maire : Tous les matins, monsieur Britchard (?) écrivait une maxime au tableau pour que les élèves réfléchissent à une phrase qui pouvait donner une ligne directrice dans la vie.

3. Qu'est-ce qu'une leçon de choses ? Pourriez-vous nous en donner un exemple ? (Aurore et Céline)

M. Jacquemin : C'est ce que vous appelez maintenant les sciences naturelles.

M. Lacroutz : Je me souviens de l'une d'elle sur le potiron. On étudiait tout ce qu'on pouvait faire avec le potiron : il servait à alimenter les animaux et aussi à alimenter les hommes et on en faisait de la soupe et il y avait un élève qui disait : Mais moi ma grand-mère, elle fait autrement ! " alors on lui disait : " Tu demanderas à ta grand-mère qu'elle nous dise comment elle fait ! " et l'enfant rapportait à la classe ce que lui avait dit sa grand-mère.

M. Jacquemin : Moi, j'ai le souvenir qu'on nous avait demandé de manger du lapin. Après il fallait bouillir la tête de lapin, bien décortiquer la viande puis amener les os de la tête de lapin afin d'en faire l'étude en classe. On dessinait la tête de lapin sur le cahier. On étudiait aussi les hannetons.

M. Lacroutz : Ah oui ! Et cela, c'était obligé à cause de la présence du marronnier. Et c'était l'époque où les hannetons faisaient des ravages dans tout le pays, dans les vignes, dans le maïs. Et on étudiait la façon de les faire disparaître.

M. Jacquemin : A la floraison, on étudiait aussi le marronnier. Dans la classe, il y avait un vase avec une branche de marronnier avec ses bourgeons et on observait les bourgeons s'ouvrir.


4. Quels chants appreniez-vous à l'école ? Pourriez-vous nous en citer quelques uns ? (Anthony et Arnaud)

M. Jacquemin : D'abord " la Marseillaise " et il y avait aussi des chansons anciennes : " A la claire fontaine ", " Sur le pont d'Avignon ", " Cadet Rousselle ", " Mon beau sapin ".

5. Qu'est-ce qu'il fallait savoir faire pour être un bon élève ? (Samy)

M. Jacquemin : D'abord il fallait respecter le maître !

M. Lacroutz : Et ses camarades !

M. Jacquemin : Il fallait respecter aussi la discipline de la classe et apprendre ses leçons.

M. Lacroutz : Et participer à la classe.

M. Le Sénateur-Maire : Il fallait bien écouter le maître pendant les cours, s'appliquer pour écrire, pour faire ses devoirs et apprendre ses leçons. Ce qui comptait beaucoup également c'était d'être un bon camarade. Ce n'était pas la peine de faire de grandes choses, il fallait être sérieux.

M. Jacquemin (lisant les appréciations d'un carnet de notes d'autrefois) : " Bon élève mais parfois il ne sait pas ses leçons ! ", " Bon élève mais se dissipe un peu !", " Bon élève mais attention aux leçons ! ". Cet élève aurait pu être un très bon élève mais... " Peut mieux faire ! ". Ah ! J'oubliais : il ne fallait pas copier sur son voisin ! On écrivait sur un cahier de composition. Il y avait aussi le fameux jour où l'Inspecteur venait. Cela faisait peur aux élèves.

M. Lacroutz : Ce n'était pas tous les ans et cela faisait peur aussi au maître surtout qu'on ne savait pas qu'il venait. Il venait à l'improviste. On était donc obligé de travailler tous les jours ne sachant pas quand est ce qu'il venait.

6. Qu'est-ce qui arrivait quand on n'apprenait pas sa leçon ? Quelles étaient les punitions ? (Alexandre et Tom)

M. Jacquemin : Les punitions, c'était 10 fois la leçon à copier

M. Lacroutz : Et la leçon à apprendre !

M. Jacquemin : En copiant la leçon 10 fois, on finissait par la savoir. Si on bavardait, on avait un verbe à conjuguer. En cas d'indiscipline, on avait les doigts comme ça (M. Jacquemin met son pouce au contact des 4 autres doigts et tend l'ensemble vers les élèves) et un petit coup de règle sur les doigts. Monsieur Paul, l'ancien directeur avait donné un nom à sa baguette : elle s'appelait " Caroline ". Comme autres punitions, il y avait aussi les retraits d'images ou de bons points qu'on avait pu avoir. Il y avait d'autres punitions très rares et moi je ne les ai vues qu'une fois : le bonnet d'âne et un petit panneau accroché à l'enfant sur lequel était marqué " menteur ".

M. Lacroutz : Moi, cela, je ne l'ai jamais vu. On pouvait aussi renvoyer les élèves mais on ne les renvoyait pas longtemps, un jour ou deux.


7. Aviez-vous dans votre école des enfants qui parlaient le patois ? (Marine et Marion)

M. Lacroutz : Pas dans cette école mais quand je suis arrivé à l'école en tant qu'enfant, à six ans, je ne parlais pas le français : à la maison, on parlait patois, on ne parlait que patois. Le patois, chez moi, c'était l'occitan. A partir de 8 ans, à la maison comme à l'école, on m'interdisait de parler l'occitan. Malheureusement, maintenant, on n'apprend que le français et donc le patois se perd.
M. Lacroutz donne des exemples de mots patois : " la taolo, la lutce, ....la unlos, la vence, lou speouch.

8. Est-ce qu'il y avait des enfants étrangers dans votre école ? (Elisa et Alice)

M. Lacroutz : Oui, moi, j'avais dans ma classe des russes qui habitaient le foyer russe près de l'école. Une année, j'en ai eu jusqu'à la moitié dans ma classe. C'étaient des bons élèves. C'étaient beaucoup de noms en -off . Quand ils arrivaient au foyer, il ne parlaient pas français alors au foyer, pendant une quinzaine de jours, on le leur apprenait et puis on les envoyait en classe.

9. En quelle année le mur de la cour séparant les garçons et les filles fut-il détruit ? Qu'est-ce que cela a changé ? (Cécile et Héloïse)

M. Lacroutz : C'est arrivé après mon départ de l'école. Je ne sais pas.

M. Jacquemin : Avant, les filles étaient avantagées car elles avaient dans leur cour le marronnier.

M. Le Sénateur-Maire : La mixité de l'école date de la fin des années 60, vers 1970. Cela n'a pas changé grand chose car les garçons et les filles se connaissaient déjà.

10. Pendant la deuxième guerre mondiale, est-ce que les soldats allemands pouvaient rentrer dans l'école ? (Antonin. et Julien)

M. Jacquemin : Oui, on a eu des soldats allemands pendant la guerre. Ils prenaient le droit d' occuper les locaux. Ils avaient réquisitionné l'école pour eux comme d'autres propriété de Verrières . On a eu aussi un dépôt d'armes mais pas longtemps. Je me souviens d' avoir tiré la langue aux soldats allemands derrière la fenêtre.

M. Le Sénateur-Maire : Dans le préau, il y avait toute une compagnie de soldats allemands qui était là avec des canons et du matériel rangé dans un coin. Les soldats allemands faisaient leur entraînement dans la cour. Quand il y avait des soldats allemands qui étaient punis parce qu'ils s'étaient mal tenus ou parce qu'ils avaient oublié quelque chose, ils faisaient la marche en canard dans la cour de récréation : ils se mettaient accroupis et un sous-officier allemand les faisait marcher comme ça sur 100 mètres. Vous pouvez essayer, ce n'est pas facile. C'était leur punition. Il y avait aussi très souvent des voitures à cheval qui apportaient du matériel, des repas, etc. ...

11. Est-ce que des enfants de l'école Paul Fort ont disparu pendant la guerre ? (Marine et Marion)

M. Jacquemin : Non, je ne pense pas.

M. Le Sénateur-Maire : Non, je ne crois pas. Il y a eu d'anciens élèves qui ont été soit à la guerre soit dans la résistance.

12. Quelles étaient les consignes de sécurité en cas d'alerte ? (Axel W. et Alexandre V.)

M. Jacquemin : Ici, il y avait un abri qui était construit dans le bas de l'école près du parc situé devant l'actuelle école David-Régnier et qui concordait avec un souterrain qui traversait la rue de Paris (actuelle rue d'Estienne d'Orves). Il y avait aussi un abri en face de l'ancienne école maternelle (actuelle PMI près du poste de police). Mais je n'ai pas eu à subir d'alerte pendant les heures de classes.

M. Le Sénateur-Maire : Il y avait sur toutes les fenêtres des croisillons de papiers pour qu'en cas de bombardement, les carreaux ne cassent pas. On mettait du papier kraft en croix sur tous les carreaux pour le cas où il y aurait eu un souffle éventuel de bombe. Des bombes sont tombées pas loin d'ici à Massy-Palaiseau. Il fallait que les carreaux tiennent car pendant la guerre, il n'yavait plus de carreaux. Il valait mieux les garder même en mauvais état plutôt qu'ils ne soient cassés.

M. Jacquemin : Sinon à Verrières, il n'y a rien eu de vraiment spécial par rapport à d'autres communes comme Massy ou Antony.


13. Portiez-vous un uniforme ?

M. Jacquemin : Non. Il y avait une majorité de tabliers et de blouses mais ce n'était pas une obligation.

14. Combien étiez-vous par classe ?

M. Lacroutz : Cela dépendait des années, cela allait de 32 à 36. Quand j'étais à Bagneux, on est même monté à 63.

M. Jacquemin : Moi, dans ma classe, nous étions autour de 25.

15. Est-ce que vos élèves étaient sages ?

M. Lacroutz : Comme vous maintenant !

16. Est-ce que les enfants respectaient leur instituteur ?

M. Jacquemin : Il y avait intérêt. Non seulement, on était obligé de respecter notre instituteur car s'il y avait une sanction prise en classe pour une raison ou une autre, après, on n'allait pas se plaindre aux parents car, alors, on avait droit à une autre punition de la part de nos parents. L'instituteur avait forcément raison. En fait les instituteurs représentaient les deuxièmes parents.

M. Lacroutz : Exactement ! Et les parents étaient les deuxièmes instituteurs.

17. Est-ce que les instituteurs étaient sévères ?

M. Lacroutz : Oui, mais il lui fallait plutôt montrer de la sévérité, pas tellement être très sévère. C'était une sévérité apparente, pas brutale, pas méchante.

18. En 1944, lorsque vous étiez en classe, entendiez-vous les bombardements ?

M. Le Sénateur-Maire : Non et je ne les aurai pas entendus car mes parents avaient envoyé mon dernier frère et moi dans le Jura. Les derniers bombardements ont eu lieu en juin à Massy-Palaiseau et il n'y avait plus classe car c'était la débandade partout. C'était la période du débarquement et les gens étaient tous plus ou moins partis. Le bombardement à Massy-Palaiseau a été très meurtrier puisqu'il a tué une soixantaine de personnes, essentiellement des parisiens qui rentraient chez eux et qui avaient passé leur journée pour se détendre à Verrières ou dans son bois.





C. Document d'hier :
Une histoire de la ville de Verrières-le-Buisson.


En 1941, des jeunes filles de 11 et 12 ans ont écrit et illustré une histoire de Verrières-le-Buisson. Ce document est exceptionnel : il témoigne du travail d'écriture, d'illustration et de recherche qui était demandé à des élèves à cette époque là.

Extrait

"Cette petite histoire de Verrières a été faite à l'école de filles, rue de Paris, avec le double but de nous faire connaître et aimer notre pays natal et la France. Avant de terminer ces lignes, nous remercions très vivement tous ceux qui se sont penché avec intérêt sur notre modeste travail scolaire et qui nous ont aidées de leur propre documentation.

Ce document a été prété à l'école Paul-Fort par une famille de Verrières-le-Buisson; qu'elle en soit ici encore remerciée."

Illustrations

Page de couverture illustrée par M. BONNE

autres illustrations : Titres- illustrateurs- Classe


1.Un coin du parc par J. FREMONT. Cours sup. 2° année.
2. Au temps de Charlemagne. Andrée Le Thérisien. 11 ans 1/2.Classe du certificat d'études.
3. Au temps de Charlemagne. Un bouclier. une épée D. Darasse. 11 ans
4. Un tournoi au Moyen Age. Gilberte Fer. 12 ans. Classe du certificat d'études.
5. Le jugement de Dieu. Andrée Le Thérisien. 11 ans 1/2.Classe du certificat d'études.
6. Le paiement de la dîme au clergé. N. Gautier 12 ans.
7. L'église de Verrières. M. Bonne. Cours sup. 2° année
8. Les bois de Verrières étaient réservés aux chasses royales. D. Dardasse. 11 ans
9. La maison occupée par Mlle de la Vallière. M. Bonne. Cours Sup 2° année
10. L'église. Andrée Le Thérisien. 11 ans 1/2.Classe du certificat d'études.
11. Les députés de l'Assemblée Nationale. Andrée Le Thérisien. 11 ans 1/2.Classe du certificat d'études.
12. La maison dite "du cadran". G. Zarré (ou Zarri).12 ans 1/2
13. Un coin du parc de l'école de filles. P. Baudat. Cours Sup 2° année
14. Un coin du parc de l'école de filles. E. Le Prieur. Cours Sup 2° année

Histoire de Verrières-le-Buisson (1941)

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Conception Alexcyr sarl