Ecole David-Régnier--Paul-Fort de Verrières-le-Buisson (Essonne)
Découvrez l'école Paul-Fort d'aujourd'hui et d'hier...

Sur cette page, vous pourrez lire quatre documents exceptionnels :

A. Le portrait d'un élève d'aujourd'hui à l'école Paul-Fort.
B. Une interview présentant l'école telle qu'elle était dans les années 40 (du XXe siècle).
C. Le témoignage d'Emile EVENO, écolier de l'école Paul-Fort de 1936 à 1944.
D. Une histoire de la ville de Verrières-le-Buisson écrite et illustrée par des jeunes filles de 11 et 12 ans en 1941. Ce document est émouvant : il témoigne du travail d'écriture, d'illustration et de recherche qui était demandé à des élèves à cette époque là.



A. L'école Paul-Fort d'aujourd'hui :
Le portrait de ROMAIN en novembre 2007


Le portrait a été rédigé par Anatole, Abigaël, Luc, Laura et Romain d'après le livre : "Ma super école" - Editeur : Gallimard Jeunesse - UNICEF

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Romain à l'école Paul-Fort
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B. L'école Paul-Fort d'hier :
L'interview : l'école Paul-Fort dans les années 40


Le 22 mars 2004, les élèves de CM2 avaient invité Monsieur Lacroutz, un ancien instituteur de l'école Paul-Fort, Monsieur Bernard Mantienne, Sénateur-Maire et Monsieur Jean-Marie Jacquemin, tous deux anciens élèves de l'école. Il s'agissait d'évoquer avec des témoins directs la mémoire de cette école.

1. Depuis quand notre école s' appelle-t-elle l'école Paul Fort ? Pourquoi ? (Clémence et Jeannette)

M. Jacquemin : C'est en souvenir de Paul Fort qui venait souvent dans la maison Bourrelier.

M. Le Sénateur-Maire: Elle s'appelle Paul-Fort depuis le jour où il y a eu un autre groupe scolaire. Il y avait plusieurs écoles et il a donc fallu donner leur donner un nom. A ce moment là, on a proposé de donner le nom de Paul Fort qui était un poète connu qui venait souvent dans la propriété Bourrelier qui est à côté. Cela date du milieu des années 50. On a donné le nom de Paul-Fort ici et David-Régnier à l'autre école.

2. Qu'est-ce qu'une leçon de morale ? Pourriez-vous nous en donner un exemple ? (Fabien et Axel B.)

M. Jacquemin : Je vais vous sortir un cahier de l'époque de mes dix ans. Chaque matin, nous arrivions en classe, on se mettait debout devant notre place, on attendait que le maître nous dise de s'asseoir, on s'asseyait, on sortait ce qu'il fallait pour écrire, notre ardoise, le porte-plume et le buvard. Ce buvard avait une grande importance : on trempait le porte-plume dans l'encrier mais souvent entre l'encrier et le cahier, il y avait la tache qui arrivait sur le cahier. Donc on commençait la journée par l'écriture qui reprenait bien souvent la morale. Je prends l' exemple du 27 avril 1947 : " La propriété est un droit et priver quelqu'un de ce qu'il lui appartient c'est manquer au devoir de justice. Tu ne déroberas pas. " A partir de là, on avait une note ou une appréciation d'écriture et en même temps, on développait le sujet de ne pas voler, de respecter la propriété d'autrui.

M. Lacroutz : C'était toujours à partir de quelque chose qui s'était passé dans l'école. On commençait par expliquer ce que la morale signifiait et puis après les élèves prenaient des exemples.

M. Jacquemin : Un autre exemple de leçon de morale: " Les hommes naissent et demeurent libres en droits." Sans la liberté, la vie perd tout son prix. L'homme n'est plus un homme. C'est un instrument. " Ainsi la morale indiquait ce que l'on devait faire et ce que l'on ne devait pas faire. C'étaient les droits et les devoirs de chacun. Ce cours de morale durait une demi-heure et après on continuait les autres cours.

M. Le Sénateur-Maire : Tous les matins, monsieur Britchard (?) écrivait une maxime au tableau pour que les élèves réfléchissent à une phrase qui pouvait donner une ligne directrice dans la vie.

3. Qu'est-ce qu'une leçon de choses ? Pourriez-vous nous en donner un exemple ? (Aurore et Céline)

M. Jacquemin : C'est ce que vous appelez maintenant les sciences naturelles.

M. Lacroutz : Je me souviens de l'une d'elle sur le potiron. On étudiait tout ce qu'on pouvait faire avec le potiron : il servait à alimenter les animaux et aussi à alimenter les hommes et on en faisait de la soupe et il y avait un élève qui disait : Mais moi ma grand-mère, elle fait autrement ! " alors on lui disait : " Tu demanderas à ta grand-mère qu'elle nous dise comment elle fait ! " et l'enfant rapportait à la classe ce que lui avait dit sa grand-mère.

M. Jacquemin : Moi, j'ai le souvenir qu'on nous avait demandé de manger du lapin. Après il fallait bouillir la tête de lapin, bien décortiquer la viande puis amener les os de la tête de lapin afin d'en faire l'étude en classe. On dessinait la tête de lapin sur le cahier. On étudiait aussi les hannetons.

M. Lacroutz : Ah oui ! Et cela, c'était obligé à cause de la présence du marronnier. Et c'était l'époque où les hannetons faisaient des ravages dans tout le pays, dans les vignes, dans le maïs. Et on étudiait la façon de les faire disparaître.

M. Jacquemin : A la floraison, on étudiait aussi le marronnier. Dans la classe, il y avait un vase avec une branche de marronnier avec ses bourgeons et on observait les bourgeons s'ouvrir.


4. Quels chants appreniez-vous à l'école ? Pourriez-vous nous en citer quelques uns ? (Anthony et Arnaud)

M. Jacquemin : D'abord " la Marseillaise " et il y avait aussi des chansons anciennes : " A la claire fontaine ", " Sur le pont d'Avignon ", " Cadet Rousselle ", " Mon beau sapin ".

5. Qu'est-ce qu'il fallait savoir faire pour être un bon élève ? (Samy)

M. Jacquemin : D'abord il fallait respecter le maître !

M. Lacroutz : Et ses camarades !

M. Jacquemin : Il fallait respecter aussi la discipline de la classe et apprendre ses leçons.

M. Lacroutz : Et participer à la classe.

M. Le Sénateur-Maire : Il fallait bien écouter le maître pendant les cours, s'appliquer pour écrire, pour faire ses devoirs et apprendre ses leçons. Ce qui comptait beaucoup également c'était d'être un bon camarade. Ce n'était pas la peine de faire de grandes choses, il fallait être sérieux.

M. Jacquemin (lisant les appréciations d'un carnet de notes d'autrefois) : " Bon élève mais parfois il ne sait pas ses leçons ! ", " Bon élève mais se dissipe un peu !", " Bon élève mais attention aux leçons ! ". Cet élève aurait pu être un très bon élève mais... " Peut mieux faire ! ". Ah ! J'oubliais : il ne fallait pas copier sur son voisin ! On écrivait sur un cahier de composition. Il y avait aussi le fameux jour où l'Inspecteur venait. Cela faisait peur aux élèves.

M. Lacroutz : Ce n'était pas tous les ans et cela faisait peur aussi au maître surtout qu'on ne savait pas qu'il venait. Il venait à l'improviste. On était donc obligé de travailler tous les jours ne sachant pas quand est ce qu'il venait.

6. Qu'est-ce qui arrivait quand on n'apprenait pas sa leçon ? Quelles étaient les punitions ? (Alexandre et Tom)

M. Jacquemin : Les punitions, c'était 10 fois la leçon à copier

M. Lacroutz : Et la leçon à apprendre !

M. Jacquemin : En copiant la leçon 10 fois, on finissait par la savoir. Si on bavardait, on avait un verbe à conjuguer. En cas d'indiscipline, on avait les doigts comme ça (M. Jacquemin met son pouce au contact des 4 autres doigts et tend l'ensemble vers les élèves) et un petit coup de règle sur les doigts. Monsieur Paul, l'ancien directeur avait donné un nom à sa baguette : elle s'appelait " Caroline ". Comme autres punitions, il y avait aussi les retraits d'images ou de bons points qu'on avait pu avoir. Il y avait d'autres punitions très rares et moi je ne les ai vues qu'une fois : le bonnet d'âne et un petit panneau accroché à l'enfant sur lequel était marqué " menteur ".

M. Lacroutz : Moi, cela, je ne l'ai jamais vu. On pouvait aussi renvoyer les élèves mais on ne les renvoyait pas longtemps, un jour ou deux.


7. Aviez-vous dans votre école des enfants qui parlaient le patois ? (Marine et Marion)

M. Lacroutz : Pas dans cette école mais quand je suis arrivé à l'école en tant qu'enfant, à six ans, je ne parlais pas le français : à la maison, on parlait patois, on ne parlait que patois. Le patois, chez moi, c'était l'occitan. A partir de 8 ans, à la maison comme à l'école, on m'interdisait de parler l'occitan. Malheureusement, maintenant, on n'apprend que le français et donc le patois se perd.
M. Lacroutz donne des exemples de mots patois : " la taolo, la lutce, ....la unlos, la vence, lou speouch.

8. Est-ce qu'il y avait des enfants étrangers dans votre école ? (Elisa et Alice)

M. Lacroutz : Oui, moi, j'avais dans ma classe des russes qui habitaient le foyer russe près de l'école. Une année, j'en ai eu jusqu'à la moitié dans ma classe. C'étaient des bons élèves. C'étaient beaucoup de noms en -off . Quand ils arrivaient au foyer, il ne parlaient pas français alors au foyer, pendant une quinzaine de jours, on le leur apprenait et puis on les envoyait en classe.

9. En quelle année le mur de la cour séparant les garçons et les filles fut-il détruit ? Qu'est-ce que cela a changé ? (Cécile et Héloïse)

M. Lacroutz : C'est arrivé après mon départ de l'école. Je ne sais pas.

M. Jacquemin : Avant, les filles étaient avantagées car elles avaient dans leur cour le marronnier.

M. Le Sénateur-Maire : La mixité de l'école date de la fin des années 60, vers 1970. Cela n'a pas changé grand chose car les garçons et les filles se connaissaient déjà.

10. Pendant la deuxième guerre mondiale, est-ce que les soldats allemands pouvaient rentrer dans l'école ? (Antonin. et Julien)

M. Jacquemin : Oui, on a eu des soldats allemands pendant la guerre. Ils prenaient le droit d' occuper les locaux. Ils avaient réquisitionné l'école pour eux comme d'autres propriété de Verrières . On a eu aussi un dépôt d'armes mais pas longtemps. Je me souviens d' avoir tiré la langue aux soldats allemands derrière la fenêtre.

M. Le Sénateur-Maire : Dans le préau, il y avait toute une compagnie de soldats allemands qui était là avec des canons et du matériel rangé dans un coin. Les soldats allemands faisaient leur entraînement dans la cour. Quand il y avait des soldats allemands qui étaient punis parce qu'ils s'étaient mal tenus ou parce qu'ils avaient oublié quelque chose, ils faisaient la marche en canard dans la cour de récréation : ils se mettaient accroupis et un sous-officier allemand les faisait marcher comme ça sur 100 mètres. Vous pouvez essayer, ce n'est pas facile. C'était leur punition. Il y avait aussi très souvent des voitures à cheval qui apportaient du matériel, des repas, etc. ...

11. Est-ce que des enfants de l'école Paul Fort ont disparu pendant la guerre ? (Marine et Marion)

M. Jacquemin : Non, je ne pense pas.

M. Le Sénateur-Maire : Non, je ne crois pas. Il y a eu d'anciens élèves qui ont été soit à la guerre soit dans la résistance.

12. Quelles étaient les consignes de sécurité en cas d'alerte ? (Axel W. et Alexandre V.)

M. Jacquemin : Ici, il y avait un abri qui était construit dans le bas de l'école près du parc situé devant l'actuelle école David-Régnier et qui concordait avec un souterrain qui traversait la rue de Paris (actuelle rue d'Estienne d'Orves). Il y avait aussi un abri en face de l'ancienne école maternelle (actuelle PMI près du poste de police). Mais je n'ai pas eu à subir d'alerte pendant les heures de classes.

M. Le Sénateur-Maire : Il y avait sur toutes les fenêtres des croisillons de papiers pour qu'en cas de bombardement, les carreaux ne cassent pas. On mettait du papier kraft en croix sur tous les carreaux pour le cas où il y aurait eu un souffle éventuel de bombe. Des bombes sont tombées pas loin d'ici à Massy-Palaiseau. Il fallait que les carreaux tiennent car pendant la guerre, il n'yavait plus de carreaux. Il valait mieux les garder même en mauvais état plutôt qu'ils ne soient cassés.

M. Jacquemin : Sinon à Verrières, il n'y a rien eu de vraiment spécial par rapport à d'autres communes comme Massy ou Antony.


13. Portiez-vous un uniforme ?

M. Jacquemin : Non. Il y avait une majorité de tabliers et de blouses mais ce n'était pas une obligation.

14. Combien étiez-vous par classe ?

M. Lacroutz : Cela dépendait des années, cela allait de 32 à 36. Quand j'étais à Bagneux, on est même monté à 63.

M. Jacquemin : Moi, dans ma classe, nous étions autour de 25.

15. Est-ce que vos élèves étaient sages ?

M. Lacroutz : Comme vous maintenant !

16. Est-ce que les enfants respectaient leur instituteur ?

M. Jacquemin : Il y avait intérêt. Non seulement, on était obligé de respecter notre instituteur car s'il y avait une sanction prise en classe pour une raison ou une autre, après, on n'allait pas se plaindre aux parents car, alors, on avait droit à une autre punition de la part de nos parents. L'instituteur avait forcément raison. En fait les instituteurs représentaient les deuxièmes parents.

M. Lacroutz : Exactement ! Et les parents étaient les deuxièmes instituteurs.

17. Est-ce que les instituteurs étaient sévères ?

M. Lacroutz : Oui, mais il lui fallait plutôt montrer de la sévérité, pas tellement être très sévère. C'était une sévérité apparente, pas brutale, pas méchante.

18. En 1944, lorsque vous étiez en classe, entendiez-vous les bombardements ?

M. Le Sénateur-Maire : Non et je ne les aurai pas entendus car mes parents avaient envoyé mon dernier frère et moi dans le Jura. Les derniers bombardements ont eu lieu en juin à Massy-Palaiseau et il n'y avait plus classe car c'était la débandade partout. C'était la période du débarquement et les gens étaient tous plus ou moins partis. Le bombardement à Massy-Palaiseau a été très meurtrier puisqu'il a tué une soixantaine de personnes, essentiellement des parisiens qui rentraient chez eux et qui avaient passé leur journée pour se détendre à Verrières ou dans son bois.

C. Le témoignage d'Emile EVENO, écolier de l'école Paul-Fort.

Monsieur Emile EVENO est né à Verrières-le-Buisson en 1930 et a fréquenté la grande école (qui ne s'appelait pas encore "école Paul-Fort") de 1936 à 1944.
Le 9 février 2009, il a livré aux élèves de CE1 le témoignage précieux de ce qu'était la vie d'un écolier en ce temps-là. Il nous décrit également comment les classes étaient chauffées et éclairées.





"Je m’appelle Emile Eveno et je suis né il y a un peu plus de 78 ans pas loin d’ici, rue de la Boulie. J’ai commencé par aller à l’école maternelle, c’est aujourd’hui le bâtiment où se trouve la crèche, puis je suis allé à l’école qui était située dans le bâtiment de l’ancienne mairie, près du « Bazar des écoles » et enfin, je suis arrivé dans votre école, cette grande école en 1936. J’y suis resté jusqu’en 1944 pour le certificat d'étude.

A l’époque, il y avait déjà le grand marronnier mais aussi un grand sapin qui a disparu à cause de nouvelles constructions. Il y avait aussi un mur qui séparait la cour en deux avec d’un côté les garçons et de l’autre les filles. L’école a été édifiée en 1931. En fait, l’extérieur de l’école Paul-Fort n’a pas beaucoup changé mis à part la cour puisqu’il n’y a plus ce mur de séparation avec de chaque côté des toilettes. Par contre, le revêtement de la cour a changé : c’était de la terre et du gravier au lieu du bitume d’aujourd’hui. On y jouait aux billes, aux gendarmes et aux voleurs, à chat perché, à la course à cloche-pied, on faisait du saut en longueur. On jouait aussi aux osselets avec des os de mouton qu'on allait récupérer directement chez le boucher. On jouait aussi à la cachette : il y avait un enfant qui était désigné pour aller cacher quelque chose de précieux, par exemple un osselet, puis au signal, les autres partaient à sa recherche et pour les aider, on leur disait « tu brûles... tu brûles »

L’autre école s’appelle Ecole David-Régnier. David Régnier était un enfant de Verrières que j’ai connu même s’il était plus âgé que moi. Il a été tué par les allemands à la fin de la 2e Guerre Mondiale. David Régnier était le neveu d’Honoré d’Estienne d’Orves.

On allait à l’école le lundi, le mardi, le mercredi, le vendredi et le samedi. Il n’y avait pas d’école le jeudi et la majorité des élèves allaient au catéchisme le jeudi matin et certains allaient au patronage le jeudi après-midi. Il y avait là des jeux organisés. Les autres avaient du temps de libre et suivant la saison, on pouvait aller jouer dans le bois ou y cueillir des châtaignes ou des champignons.

On commençait la journée à 8H30 jusqu’à 12H00 puis on travaillait de 14H00 à 17H00. Donc, on avait 2 heures le midi et ça permettait aux enfants qui habitaient à Amblainvilliers d’aller manger chez eux à pied et de revenir à l’école à l’heure. Je vous rappelle qu’il n’y avait pas de voitures. Seules quelques personnes, comme le médecin, avaient une voiture. Les enfants venaient à pied à l’école. Certains étaient accompagnés de leurs parents. On s’amusait en chemin à jouer aux billes dans le caniveau ou à jouer au ballon et cela ne nous empêchait pas d’arriver à l’heure. Si des enfants arrivaient en retard, leur retard était signalé et ils se faisaient gronder par leurs parents. Il n’y avait pas non plus de cantine puisque les élèves avaient le temps de faire l’aller-retour chez eux pour manger.

Quant aux vacances, on avait 15 jours à Noël et 15 jours à Pâques. Ensuite, on avait les grandes vacances qui allaient du 15 juillet au 1er octobre.

A la rentrée des classes, on arrivait dans la cour, on se mettait en rang classe par classe et le directeur ou l’instituteur nous faisait monter dans la classe.

Il y avait un directeur pour l’école des garçons et une directrice pour l’école des filles. Il y avait 4 classes et deux sections par classe. Par exemple dans une classe, on avait des enfants de 8 ans et des enfants de 9 ans. Les classes étaient assez chargées, on était au moins 30. Il y avait entre 120 et 150 élèves en tout dans l’école. A l’époque, on ne disait pas CP, CE ou CM. Il n’y avait pas de désignation bien définie. La première classe, c’était la classe du certificat d’étude, c'est-à-dire celle de la fin de scolarité des études, et ensuite, il y avait la 2e classe puis la 3e classe et ainsi de suite. En principe, tous ceux qui avaient bien suivi savaient tous lire et écrire en sortant de la maternelle.

Le travail était dur car on faisait bien attention à ce que notre instituteur nous disait. C’était plus facile pour ceux qui étaient bien appliqués et bien concentrés que pour ceux qui étaient un peu étourdis.

On restait à la grande école de 6 ans jusqu’ à 12 ans sauf pendant la 2e Guerre mondiale où du fait des événements, on a été contraint de rester jusqu’à 14 ans.

On n’avait pas de classeur. On avait des cahiers. On avait un porte plumes, des stylos. On mettait le tout dans un plumier qui servait de trousse. On avait un encrier. Parfois, une grosse goutte d’encre arrivait sur le cahier et il fallait utiliser un buvard. Il y avait des trous dans les tables, les trous étaient toujours à droite. A l’époque, personne n’écrivait de la main gauche. C’était interdit. On avait tous des ardoises et on écrivait dessus avec une craie ou avec un crayon d’ardoise. On effaçait avec un chiffon. On avait une gomme pour le crayon à papier. Les mouchoirs en papier n’existaient pas, ils étaient en tissu.

Dans la classe, on avait un tableau noir sur lequel on écrivait à la craie. On avait une grande carte de France. Il n’y avait pas d’autres affiches. Il n’y avait pas de chaises individuelles. On était 2 par table. Les chaises étaient attachées à la table et on était obligé de rester droit. On prenait de bonnes habitudes.

Tous les mois, on avait des compositions : on avait des questions concernant le français, le calcul, la géographie, l’histoire. On avait également des chants et des récitations. On était interrogé à tour de rôle.

On avait des récompenses : des images et des bons points et en fin d’année, il y avait le billet d’honneur pour le premier puis un billet d’excellence puis d’autres billets qui étaient distribués à tous ceux qui avaient bien travaillé. Le billet d’honneur était un petit carton sur lequel était écrit le nom de l’élève et la mention « décerné à l’élève untel pour son excellent travail. Il y avait une distribution de prix scolaires et elle se faisait dans le préau de l’école. Il y avait une estrade et le premier élève qui montait était celui qui avait eu le prix d’honneur. Il repartait avec un paquet de livres.

De mon temps, il n’y avait pas de bonnet d’âne. Par contre, les élèves qui ne connaissaient pas leur leçon, étaient obligés, le soir à la maison, de copier 10 fois cette leçon. Il fallait qu’ils reviennent à l’école avec cette punition. A Verrières, je n’ai pas connu de cas où l’instituteur donnait des coups de règle sur les doigts. Par contre, j’ai connu des cas où les élèves se faisaient tirer l’oreille. L’instituteur passait dans les rangs et tirait au passage les oreilles de ceux qui n’étaient pas sages. On était content d’aller à l’école car on y retrouvait nos camarades. On pouvait jouer ensemble. On était donc content de retrouver nos camarades mais aussi nos instituteurs.

Est-ce que les maîtres étaient sévères ou pas ? En fait, cela dépendait des élèves. Vous connaissez tous l’alphabet mais, nous, à l’époque, nous avions un alphabet complémentaire constitué de 4 lettres : O-B-I-C, c’est à dire « o-bé-i-ssez ». Il figurait souvent au tableau de manière à ce que tous les élèves se souviennent bien qu’il fallait obéir. Et cet alphabet complémentaire était aussi valable à la maison : il fallait toujours et partout obéir : à l’instituteur à l’école et aux parents à la maison.

On faisait du sport : de la course à pied, du saut en hauteur, du lancer de poids, surtout à la belle saison. C’était surtout pour les garçons.

Les élèves portaient une blouse ou un tablier. Les filles étaient en robe car il n’y avait pas de pantalon et les garçons étaient en culottes courtes, même en hiver. Pour ne pas avoir trop froid, les garçons portaient des grosses chaussettes jusqu’au niveau des genoux.

Si on écrivait mal, l’instituteur faisait recommencer celui qui écrivait mal. Il veillait également à ce que les élèves n’aient pas copié pas et ceux qui étaient pris avaient un zéro. Mes maîtres s’appelaient Monsieur Gentil et Monsieur Paul.

On ne faisait pas de sorties. On allait surtout dans les champs avec, parfois, une boite de conserve métallique pour y enfermer des insectes comme les doryphores et ainsi on débarrassait les pommes de terre des champs de ce parasite.

Emile Eveno continue son récit en expliquant comment étaient chauffées et éclairées les classes en ce temps-là

Concernant le chauffage de l’école : il y avait déjà des radiateurs avec un chauffage central. L’énergie qui était utilisée, c’était la houille, autrement dit le charbon. Tous les matins, un monsieur était chargé de mettre des gros blocs de charbons dans la chaudière. Pendant la guerre, il n’y avait pas de charbon alors les radiateurs ne fonctionnaient pas. Pour apporter un peu de chaleur quand même, il y avait un gros poêle à bois installé au milieu de la classe et une personne était chargée de mettre du bois plusieurs fois par jour mais la chaleur était moins forte et il fallait qu’on soit plus habillé.

La lumière : ce n’était pas tout à fait l’éclairage que vous avez aujourd’hui. C’était de grandes suspensions. A Verrières, tout le monde n’avait pas l’électricité : on s’éclairait à la lampe à pétrole. Il fallait en allumer la mèche pour avoir un éclairage mais cela éclairait beaucoup moins bien que la lumière électrique. Alors quand on arrivait à l’école, on trouvait qu’on était bien éclairé."






C. Document d'hier :
Une histoire de la ville de Verrières-le-Buisson.


En 1941, des jeunes filles de 11 et 12 ans ont écrit et illustré une histoire de Verrières-le-Buisson. Ce document est exceptionnel : il témoigne du travail d'écriture, d'illustration et de recherche qui était demandé à des élèves à cette époque là.

Extrait

"Cette petite histoire de Verrières a été faite à l'école de filles, rue de Paris, avec le double but de nous faire connaître et aimer notre pays natal et la France. Avant de terminer ces lignes, nous remercions très vivement tous ceux qui se sont penché avec intérêt sur notre modeste travail scolaire et qui nous ont aidées de leur propre documentation.

Ce document a été prété à l'école Paul-Fort par une famille de Verrières-le-Buisson; qu'elle en soit ici encore remerciée."

Illustrations

Page de couverture illustrée par M. BONNE

autres illustrations : Titres- illustrateurs- Classe


1.Un coin du parc par J. FREMONT. Cours sup. 2° année.
2. Au temps de Charlemagne. Andrée Le Thérisien. 11 ans 1/2.Classe du certificat d'études.
3. Au temps de Charlemagne. Un bouclier. une épée D. Darasse. 11 ans
4. Un tournoi au Moyen Age. Gilberte Fer. 12 ans. Classe du certificat d'études.
5. Le jugement de Dieu. Andrée Le Thérisien. 11 ans 1/2.Classe du certificat d'études.
6. Le paiement de la dîme au clergé. N. Gautier 12 ans.
7. L'église de Verrières. M. Bonne. Cours sup. 2° année
8. Les bois de Verrières étaient réservés aux chasses royales. D. Dardasse. 11 ans
9. La maison occupée par Mlle de la Vallière. M. Bonne. Cours Sup 2° année
10. L'église. Andrée Le Thérisien. 11 ans 1/2.Classe du certificat d'études.
11. Les députés de l'Assemblée Nationale. Andrée Le Thérisien. 11 ans 1/2.Classe du certificat d'études.
12. La maison dite "du cadran". G. Zarré (ou Zarri).12 ans 1/2
13. Un coin du parc de l'école de filles. P. Baudat. Cours Sup 2° année
14. Un coin du parc de l'école de filles. E. Le Prieur. Cours Sup 2° année

Histoire de Verrières-le-Buisson (1941)

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